Création de site web : journal de bord

Avis à tous ceux à qui ça dit un petit quelque chose…

Bon, l’année dernière et encore aujourd’hui :

  • Vous avez misé beaucoup de budget sur l’acquisition de trafic, ça a très bien marché, beaucoup de gens sont venus sur votre site web, mais beaucoup de gens aussi sont repartis si tôt arrivés…
  • Vous avez eu une idée géniale… mais il n’y a que vous (et ceux qui sont venus vous demander des éclaircissements après avoir vu votre site web) qui la comprenez.
  • Vous avez modifié 17 fois en une semaine la couleur de l’arrière-plan de votre site web, et vous avez hésité 5 fois sur le rouge, 10 fois sur le bleu, et 2 fois sur du bicolore rouge-bleu, et finalement vous préférez le rouge, non le bleu, non en fait…
  • Il est 2h du matin, et vous vous posez des questions telles que :

“Vaut-il mieux un menu à liste déroulante ou des boutons radios ?”

  • On vous a félicité pour votre site web en l’appelant par le nom de celui de votre concurrent…
  • Finalement vous préférez le bicolore rouge bleu, mais vous hésitez entre un dégradé rouge vers le bleu, ou bleu vers le rouge
  • Il est 3h du matin et vous vous posez des questions telles que :

“Faut-il des menus radio ou des boutons déroulants ?”

  • Vous avez écrit un très beau texte pour présenter la mission de votre site web, mais les gens se posent toujours les mêmes questions sur ce que vous faites.
  • Il est 4h du matin, et vous vous dites :

“En fait il faudrait vraiment inventer des menus radio et des boutons déroulants, ce serait pas mal comme concept”

  • Vous hésitez à écrire la FAQ de votre FAQ.
  • Vous hésitez entre faire un site avec 1 seule page web très simple, avec tout résumé,

ou 20 pages web, chaque page expliquant et détaillant bien chaque notion.

  • Il est 5h du matin, et vous vous posez des questions telles que :

“Mais y a-t-il vraiment besoin d’un menu ?”

  • Finalement vous envisagez de mettre un bot pour aider les gens, sur la FAQ que vous avez fini par écrire sur votre FAQ
  • Il est 5h22, vous vous demandez pourquoi les couleurs existent.
  • Il est 6h47 et vous vous posez des questions comme :

“Mais y a-t-il vraiment besoin d’un site web, en fait ?

Une page sur un réseau social, ça ne serait pas suffisant ?”

Vous n’êtes pas seul !

Vous n’êtes tellement pas seul qu’il existe des métiers pour se frayer un chemin à travers toutes ces questions.

Par exemple, moi, j’aime bien me mettre à la place de l’utilisateur et regarder votre site web avec un œil neuf, j’aime bien vous poser des questions sur votre idée géniale pour bien la comprendre à travers votre site web, et poser des questions sur pourquoi vous avez mis une liste déroulante là, et savoir pourquoi… pourquoi en fait.

En discutant, ça permet d’aller creuser et en creusant on trouve des trésors… de nouvelles idées d’améliorations pour que votre site web soit au service de votre idée géniale.

Il y a plein de professionnels du digital qui peuvent vous aider.

Alors, big up à tous ceux qui ont un site web… à tous les passionnés… les perfectionnistes…

ceux qui se posent beaucoup de questions

… ceux qui aiment répondre aux questions par d’autres questions,

ceux qui aiment apporter des réponses,

et à tous ceux qui veulent faire aboutir leurs projets, tout simplement !

=> Pour 2021, je souhaite à tous les hommes, femmes, entrepreneurs de bonne volonté, de pouvoir réaliser leurs idées !

Nadège Sémanne

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Paul VanDerWerf, licence Creative Commons https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/
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Qu’est-ce qu’un site Internet finalement ? 5 dimensions et leur impact

Quand on pense à un site Internet, on voit généralement du contenu, du texte, des images, des éléments cliquables interactifs, selon les cas, des animations, de la vidéo, du son…

Et lorsqu’il faut organiser tout cela, on peut être amené à travailler page par page, écran par écran, pour optimiser l’apparence et donner à son site Internet toutes les chances d’atteindre les objectifs.

Selon moi, afin de créer une expérience mémorable et en harmonie avec l’ADN de son entreprise, en plus des objectifs du site, il est utile d’avoir en tête plusieurs dimensions qui constituent un site Internet.

Regarder son site Internet avec ces différentes dimensions qui s’entremêlent, peut permettre de prendre en compte plusieurs aspects qui concourent au succès d’un site Internet.

Mais qu’est-ce qu’un site Internet finalement ?


Voici pour moi, 5 dimensions qui constituent un site Internet.

  1. Un site web est un lieu.

Comme n’importe quel lieu, il dispose d’une entrée, d’un espace de circulation, avec des lieux-clés comme dans un magasin (le comptoir où on peut s’adresser à une personne pour plus d’informations, des cabines d’essayage pour essayer un article.)

Il est donc nécessaire que l’internaute puisse bien, en tout temps, savoir se repérer dans ce lieu, identifier dans quel espace il se trouve, et savoir où aller pour trouver ce qu’il recherche.

Les noms de pages, les titres, la lisibilité, l’accessibilité sont des points-clés importants dans cette dimension de lieu.

2. Un site Internet est une vitrine.

Un site Internet est forcément à l’image de votre entreprise. Il véhicule ce qu’est votre entreprise.

Le choix des couleurs, le choix des contenus, le choix du ton éditorial, le choix des fonctionnalités font transparaître l’identité de votre entreprise ainsi que sa mission.

3. Un site Internet est un média

Un site web étant généralement public, il a sa place dans l’agora du monde. Quand il diffuse un contenu à la vue de tous, il est par nature aussi un média. Même quand il s’adresse à son audience spécifique, sa cible, techniquement, de fait, il « parle au monde entier ».

Les valeurs transparaissent derrière le fond et la forme d’un site Internet.

4. Un site Internet est une rencontre

A partir du moment où un site Internet publie du contenu à destination de personnes, il est une rencontre.

Pour qu’il y ait véritablement rencontre, il faut des individualités (comme si le site Internet était une personne), et pour qu’il y ait une individualité et non un amas de contenus et de fonctionnalités, il faut à mon sens que votre site Internet soit bien défini.

Savoir ce qu’il est et ce qu’il n’est pas, quel est son but, ses objectifs, ce que vous souhaitez qu’il apporte aux personnes qui vont le consulter.

Lorsqu’on rédige un contenu, avoir en tête que l’on rédige pour des personnes qui vont le lire, permet de garder une connexion, et de ne pas tomber dans un style conceptuel servant juste à valoriser une offre et pouvant être ressenti comme « artificiel ».

5. Un site Internet est un magasin

Pour les sites Internet de e-commerce ou aboutissant à une transaction ou un paiement (abonnement par exemple), il y a un certain nombre de règlements et de dispositions légales relatifs à l’aspect de vente à distance, à connaître (pages de confirmation de commande, conditions générales de vente, dispositions légales sur les promotions, jeux-concours, politique de retour des articles, livraison des commandes, etc)

Si vous traitez avec des partenaires, notamment pour les paiements et la livraison, il faut s’assurer aussi qu’ils respectent bien les réglementations.

Nadège Sémanne

Publié le 7 décembre 2020

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Baldiri, licence Creative Commons https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/

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User Experience Optimization ou UXO, kezako ?

Il est vrai que ces dernières années, dans le web, on entend souvent parler de l’expérience utilisateur ou UX, mais qu’en est-il de l’UXO ?

L’UX (User Experience) a pris de plus en plus de place quand on parle de sites ou d’applications web, c’est dû, je pense, à une prise de conscience de son importance dans le succès d’un dispositif digital.

L’UX représente tellement de savoir-faire : il y a par exemple des UX Designers, qui sont compétents notamment en UI (User Interface car c’est la base, avant même de parler d’expérience), en ergonomie, en design, en graphisme, en design d’interactions, etc.

Ces derniers temps, en matière d’UX, il y a de plus en plus de diversifications et de spécialisations, vu qu’on entend parler maintenant, en plus des UX Designers, de UX Concepteurs, de UX Writers, etc.

Alors qu’est-ce que l’UXO, User Experience Optimization ?

D’après le blog UX, il s’agit de :

« L’optimisation de l’expérience de l’utilisateur (UXO) est un ensemble d’outils, de stratégies et de systèmes mis en place pour améliorer l’expérience globale de l’utilisateur.

[…]

Les études et analyses portant sur les résultats de la mise en œuvre de ce type d’optimisation révèlent clairement que les expériences positives des utilisateurs entraînent une augmentation des ventes. En revanche, les expériences négatives des utilisateurs induisent des effets inverses, c’est-à-dire une diminution très sensible des ventes. »

Dans l’article du MBA MCI, l’UXO est décrite ainsi :

L’UXO vise tout d’abord à alerter les entreprises qu’au delà d’acquérir du trafic sur son site web (ou app mobile), il est indispensable de soigner l’expérience proposée si l’on souhaite convertir derrière.

Il représente l’ensemble des méthodes qu’une entreprise utilise pour suivre, organiser et optimiser les interactions entre un utilisateur et le produit / service utilisé par celui-ci, dans le but d’offrir l’expérience la plus optimale.

Nadège Sémanne

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Concurrence dans le digital : pourquoi vous êtes surtout en compétition avec vous-même

Lorsqu’on a un site web ou une application, généralement on n’est pas le seul, et les gens peuvent aller et acheter sur n’importe quel site qu’ils trouvent intéressant et qui semble correspondre à leurs besoins.

Avec le temps, et les efforts faits, notamment en matière de simplicité, de facilité, de praticité, et aussi d’innovation en matière de fonctionnalités (exemple d’une des premières innovations : « Les internautes qui ont acheté ceci ont aussi acheté… ») des géants du e-commerce ont émergé, tirés par le succès de leurs supports digitaux.

Face à ce paysage concurrentiel, et si notre site ne rencontre pas autant de succès que l’on souhaite, il peut être tentant et facile de montrer du doigt le top du podium, de les blâmer en évoquant la propre situation de son site
=> cela peut mettre un temps un coup de projecteur et attirer des gens sur son propre site.

Mais pour développer le succès à long terme de son propre site, je pense qu’il est plus utile d’avoir une attitude plus constructive.

Je présente ici les 4 raisons de cette opinion.

  1. Il y a des sites / apps qui sont meilleurs, pourquoi ne pas essayer de comprendre pourquoi

Oui, il y a des sites / apps qui ont plus de succès que d’autres. Mais plutôt que de les pointer du doigt, ne vaudrait-il pas mieux utiliser son énergie pour essayer de comprendre pourquoi ? A preuve du contraire, personne ne prend la main des gens devant leur ordinateur ou mobile pour acheter sur ces sites… et heureusement d’ailleurs !

Essayer de comprendre pourquoi ils ont du succès, peut vous aider à améliorer votre propre site.

Ces géants du e-commerce, sont initialement des pure players, c’est-à-dire des commerçants qui ont démarré uniquement sur Internet au début des années 2000, sans magasins physiques donc.

La concurrence n’étant qu’à un clic de leur propre site de vente en ligne, pour fidéliser leur base de clients, ils ont donc développé une attention toute particulière à l’expérience sur leur site, avec une obsession du détail, notamment la simplicité, la facilité et la praticité. Cette attention est constante, et pour les sites américains notamment, impliquait dès ces années-là, de tout mesurer, tout tracker, et d’analyser, de faire des tests et d’adapter => par exemple, mesurer si une bannière présentée avec une icône et un lien hyper texte est plus cliquée qu’une bannière graphique (A/B test), et si oui, généraliser ce format sur leurs sites.

2. Personne n’est attiré par une victime

Si vous mettez le projecteur dans la presse, sur ce que vous pensez être une hégémonie de leaders qui vous empêcherait, vous, de développer votre propre site, cela peut en effet attirer l’attention de certains médias et vous donner un coup de pouce en vous apportant du trafic, mais ça ne résoudra pas à mon sens, les causes structurelles, si elles existent, d’une croissance pas assez importante de votre site.

A moins de comportements délictueux ou d’abus de position dominante de certains concurrents, cette médiatisation pourrait amener certaines personnes, par curiosité, à venir voir votre site et à s’intéresser à votre situation. Mais il est important selon moi de mettre votre énergie aussi à devenir meilleur si vous souhaitez développer votre audience et surtout la fidéliser.

3. On peut vous copier, c’est mieux d’anticiper

Un site Internet et son fonctionnement général est de facto entièrement visible, à la différence de certains produits physiques dont le savoir-faire pour les produire n’est pas accessible facilement.

A moins d’être dans la deep tech, il est donc facile de copier la fonctionnalité d’un concurrent en quelques mois.

Voilà pourquoi, même après avoir créé une fonctionnalité (et en être fier, à raison), il me semble important de toujours continuer d’écouter votre audience, de suivre ses besoins, d’imaginer ce que vous pouvez lui apporter de plus, plutôt que de vous reposer sur des lauriers.

De plus, même si vous êtes fier de votre nouvelle fonctionnalité, il est possible que le trimestre d’après ou même le mois d’après, le même type de fonctionnalité sorte chez un concurrent, car lui aussi avait cette idée et était en train de travailler dessus (c’était en développement sauf que vous ne le saviez pas !)

Ainsi je trouve cela bien de faire une veille constante (marketing, technologique) surtout pour les startup => plus vous êtes à l’écoute du sens du courant, de l’évolution des besoins des gens, des nouvelles possibilités techniques qui pointent le bout de leur nez et de ce que vous pouvez imaginer faire avec, pour votre propre site => plus vous êtes en avance et moins vous avez de chance d’être copiés dans le temps ou en tout cas moins rapidement.

On connaît l’expression « la prime au leader »…

4. Ne pas avoir peur, votre marque est votre meilleur ancrage

Quand un de ces géants du web ou du e-commerce lance ce qu’on appelle une « killer app », c’est-à-dire une fonctionnalité très technique, particulièrement innovante et pertinente qui est potentiellement immédiatement adoptée par les gens, il peut être humain de se dire que c’est fichu pour son site ou son app.

Pourtant il est important selon moi de ne pas rester dans un état de paralysie face à la peur, dans ce cas la peur pourrait devenir une prophétie autoréalisatrice.

Prophétie autoréalisatrice :

une killer app / un nouveau concurrent est là => j’ai peur que mon site / app soit fichu => je suis paralysé par la peur => je ne fais donc rien (pas d’évolution du site), pas de suivi des besoins de l’audience, pas d’innovation => le web étant en perpétuel changement, les besoins évoluant, les concurrents agissant => votre site peut être hors de la course => je l’avais bien dit c’était fichu

Dans le cas d’une startup, une prophétie autoréalisatrice qui s’est réalisée peut aussi renforcer votre peur face à ce genre de situation, dans le cas où elle se présenterait à nouveau si vous avez créé une nouvelle startup. La paralysie pourrait être renforcée et-ce dès le départ à l’arrivée d’une killer app / concurrent.

Selon moi, votre site / app ne sera jamais fichu, si vous vous rappelez bien de ce pourquoi vous l’avez créé, et des raisons qui vous ont poussé à le faire. Peut-être que vous aviez identifié un besoin non satisfait, et votre site / app a maintenant son audience, son audience cible. Il y avait déjà de la concurrence et des gens vont quand même sur votre site / app et pas ailleurs.

Votre marque est pour moi votre meilleur ancrage : à la longue, vous avez sûrement développé votre marque, la personnalité de votre site, vous avez adopté un ton, il y a un look ‘n’ feel, une ambiance qui se dégage de votre site. Il n’y a pas que les aspects fonctionnels, la praticité, les gens peuvent aimer venir sur votre site pour d’autres raisons.

Se rappeler de votre marque et ne pas rester dans la peur est ce qui permet selon moi, de rester zen face à l’arrivée d’une « killer app » d’un concurrent, et de pouvoir continuer à innover et à faire évoluer votre site / app, par rapport à votre audience à vous.

Travailler sur les insights et l’ADN de votre marque, ainsi que sur le « purpose », la mission que vous vous donnez, peut aussi vous aider à trouver de nouvelles idées de fonctionnalités, celles qui siéront bien à l’objectif de votre site / app, qui vous seront plus spécifiques… => et donc attractives pour votre audience…
Si nécessaire, le travail fait sur votre marque vous permettra d’opérer un pivot – pour les startup et il n’y a donc plus de killer app à craindre.

Nadège Sémanne

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Situation de crise et digital : tour d’horizon des opportunités de faire autrement

L’impact du Covid-19 sur les clients et les entreprises est assez brutal. Quasiment du jour au lendemain, des commerces et entreprises ont dû fermer leurs services de vente ou les adapter. Les déplacements des clients, leurs besoins, leurs possibilités, leur disponibilité, certaines de leurs priorités ont changé en un claquement de doigts, en plus de l’impact sur leur vie personnelle bien sûr. Bien qu’il y ait des mesures levées depuis en France, la situation n’est plus « comme avant ».

Le Covid-19 amène aussi à certaines prises de conscience, et certaines personnes ont pris goût à changer certaines de leurs habitudes. Cela amène donc à un possible changement profond du panorama pour fournir des biens et des services.

Quels enseignements en tirer et comment s’adapter ? En consultant différents articles durant cette période, j’ai pu mesurer à quel point le digital se trouvait au cœur de ces changements.

Je souhaite partager avec vous un tour d’horizon de comment certaines entreprises, entrepreneurs et organisations ont trouvé des solutions avec l’aide du digital.

Mais tout d’abord, avant la vente de biens et de services, le digital a servi énormément en matière de solidarité.

Consultations médicales en ligne, solutions de visioconférence, fabrication et dons de visières, de matériel, pour s’inscrire en tant que bénévole ou volontaire, pour mettre en relation des personnes désirant travailler aux récoltes et agriculteurs en manque de main d’œuvre, pour fabriquer des masques et référencer des fabricants de masques en tissu, des tutoriels sur comment organiser ses journées, des contenus pour occuper et divertir intelligemment ses enfants, des webinars gratuits de partage de connaissances, des groupes Facebook d’entraide locaux relayant les besoins et offres de service, du coaching de soutien, des plate-formes diverses et variées… le digital a permis d’amplifier la « vague » de générosité qui était à l’œuvre, et se poursuit encore aujourd’hui.

Du côté des entreprises, et des clients, le digital est aussi ce qui a permis / permet dans bien nombre de cas d’adapter l’offre. Voici un tour d’horizon de certaines initiatives que j’ai vues.

Premièrement, la vente à distance a permis à certains commerces de pouvoir continuer à vendre leurs produits mais différemment. Face à l’absence de possibilité de vendre leurs produits « sur place », les commandes ou paiement par Internet, et la livraison en « Drive » (que ce soit en piéton ou par voiture), la livraison à domicile, ont permis de poursuivre en partie leur activité.

Certains commerces de bouche se sont organisés, notamment via les réseaux sociaux pour proposer des « paniers » à leurs clients, livrés chez eux, en regroupant les commandes avec un seul paiement sur Internet.

Face à la fermeture des marchés, certains producteurs locaux ont prêté gratuitement leurs parkings à d’autres producteurs locaux, pour mettre en place aussi la distribution de paniers, les commandes étant elles aussi regroupées et payées en une seule fois par Internet.

D’autres producteurs disposant de leur propre magasin de vente directe, se sont mis à vendre aussi la production locale d’autres producteurs, privés de marché, et ont utilisé leur site web / les réseaux sociaux pour communiquer dessus, permettant à leurs clients de trouver en un seul endroit ce dont ils avaient besoin, et à leurs confrères de pouvoir vendre.

Ceux qui avaient des distributeurs automatiques de denrées (avec commande possible par Internet) ont pu proposer un service apprécié à leur clientèle.

La prise de rdv et la réservation de plages horaires par Internet, permet maintenant à des salons de coiffure ou d’esthétique de pouvoir accueillir des clients dans le respect des règles sanitaires, en limitant le nombre de personnes à l’intérieur.

Une telle solution est utilisée par une enseigne de luxe à Paris, la visite du magasin physique étant réservée aux personnes ayant pris préalablement rdv sur Internet.

En Irlande, un pub a proposé un service de « Drive », pour une offre de restauration accompagnée de bière, pendant le confinement. Les clients commandaient et payaient par Internet, le bar livrait les clients dans la rue, en bas de chez eux, avec un truck tournant dans la ville.

Des livraisons à domicile ont pu se faire « sans contact », le livreur envoyant un sms après avoir déposé le paquet devant la porte, et reculé de deux mètres. Une entreprise a proposé la signature d’accusé de réception d’un colis à distance (par sms), plutôt que de signer en touchant l’écran du livreur.

Qu’en est-il des activités se déroulant forcément dans un lieu physique habituellement ?

Airbnb et TripAdvisor ont proposé des expériences virtuelles, où des habitants proposaient des cours de cuisine par exemple, ou autre partage de contenus culturels en visioconférence, pour « voyager » depuis son canapé.

D’autres marques de voyage aussi, ont proposé de voyager à distance en réalité virtuelle. L’office de Tourisme des îles Féroé a proposé, lui, à ceux qui ont dû annuler leur voyage, des balades en direct avec webcam avec des guides de l’île, les « voyageurs » pouvant en direct contrôler la caméra positionnée sur la tête de leur guide pour choisir un angle de vue particulier.

Des médecins ont donné des consultations médicales en ligne. Des coachs sportifs ont donné des cours de sport en ligne. Des agences immobilières ont fait visiter des maisons par webcam.

Des DJ ont fait des live sets, via webcam aussi.

Sans oublier les cours à distance ! (e-mail, visio, classes virtuelles, contenus interactifs…)

Aujourd’hui, des entreprises de conseil développent une activité de formation à distance, permettant aux salariés de mettre à profit la période actuelle pour se former, aidés en cela par les mesures d’aide aux financements de certaines formations par l’État.

Comment trouver des idées et adapter son offre ?

Pour moi il ne s’agit pas de « digitaliser » à marche forcée son entreprise / ses services, juste de se poser la question :

De quoi mes clients ont besoin / envie en ce moment ? Malgré le fait que (rayer la ou les mentions inutiles) :

1- ils ne veulent pas se déplacer

2- ils veulent moins se déplacer

3- ils veulent + de bio / d’aliments santé

4- ils aiment + les producteurs locaux, veulent plus de circuits courts, de proximité

5- ils veulent côtoyer physiquement moins de gens (tout en espérant socialiser avec plus de gens)

6- ils préfèrent le plein air aux locaux fermés

7- ils veulent être rassuré sur le respect de mesures sanitaires

8- ils veulent se changer les idées

9- ils veulent qu’on leur facilite la vie

10- ils ont moins de temps

11- ils maîtrisent moins leur emploi du temps (école à la maison)

12- certains ont moins d’argent

13- certains sont stressés, anxieux (avenir incertain) et/ou tristes (touchés par le Covid-19)

Et de mettre en parallèle :

1- quelles sont mes compétences / celles de mon entreprise ?

2- quelles sont mes capacités / celles de mon entreprise ?

3- quelle aide je peux demander ?

4- quels partenariats je peux monter ? Avec qui je peux me regrouper et faire équipe pour leur fournir ce qu’ils veulent ?

Des idées émergeront sans doute, avec en filigrane des services digitaux qui aideraient à formaliser une nouvelle offre pour rencontrer les besoins des clients.

En matière de contenu pour un site web…

je pense qu’il est important d’avoir à l’esprit, les contraintes et dispositions d’esprit actuelles des clients, pour hiérarchiser l’information et qu’ils se repèrent plus facilement dans la navigation d’un site web.

Les internautes ont peut-être besoin de trouver encore plus rapidement l’information qu’ils recherchent, que les sites web soient encore plus simples et faciles d’utilisation. Ils ont peut-être besoin de plus d’action, de plus de démonstration que les entreprises tiennent leur promesses, plutôt que de grandes déclarations et de grands contenus inspirationnels sur la mission et les valeurs de l’entreprise.

Surtout ils se souviennent des entreprises sur lesquelles ils ont pu compter, au plus fort de la crise. Il est donc possible qu’ils soient plus en demande de démonstration par la preuve, plutôt que de longs discours.

Toutes ces composantes sont à mon sens importantes à prendre en compte, lorsque vous envisagez d’utiliser les opportunités que permet le digital pour dépasser la crise, et continuer de vous développer dans la période d’après.

Nadège Sémanne

Publié le 12 juin 2020.

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